DECLARATION DU CONSEIL DES JEUNES CONGOLAIS DE L’ETRANGER A L’OCCASION DE LA MANIFESTATION CONTRE LA GUERRE EN RDC,
A HELVETIAPLATZ DE BERNE.
Le Conseil des Jeunes congolais de l’étranger, C.J.C.E. en sigle, une Association sans but lucratif créée selon les articles 60ss et suivants du Code civil suisse, ayant comme but de sauvegarder, de promouvoir et de défendre les intérêts des congolais de la Suisse,
Vu la déclaration universelle des droits de l’homme telle que proclamée et adoptée par l’Assemblée générale de l’ONU le 10 décembre 1948,
Vu la Convention de Sauvegarde des Libertés fondamentales et des Droits de l’homme du 4 novembre 1950,
Considérant que la reconnaissance de la dignité inhérente à tous les membres de la famille humaine et de leurs droits égaux et inaliénables constitue le fondement de la liberté, de la justice et de la paix dans le monde,
Considérant que la liberté, la justice et la paix, en tant que fondements de droits de l’homme, sont primordiales pour assurer le développement d’un peuple,
Considérant que l’avènement d’un monde où les êtres humains seront libres de parler et de croire, libérés de la terreur et de la misère, a été proclamé comme la plus haute aspiration de l’homme,
Considérant que les Etats du monde entier et signataires des Conventions internationales sur les droits de l’homme, se sont engagés, à assurer, en coopération avec l’Organisation des Nations Unies, le respect universel et effectif des droits de l’homme et des libertés fondamentales,
Considérant le rôle de l’Etat congolais, de protéger ces droits fondamentaux par un régime de droit, en assurant la sécurité des personnes et des biens, ainsi que la libre circulation de la population,
Considérant le rôle de l’Organisation des Nations Unies, par le biais de la Mission des Nations Unies au Congo, MONUC en sigle, pour assurer l’accomplissement de ces droits fondamentaux et inaliénables, qui sont en péril dans notre pays, la République Démocratique du Congo,
Considérant que notre pays est depuis près de 10 ans, le théâtre des affrontements et des troubles occasionnés par les forces négatives présentes sur le terrain,
Considérant l’existence actuelle de la guerre entre d’une part, les rebelles de dissident Laurent NKUNDA BATWARE, soutenus par le Rwanda, et d’autre part, les forces gouvernementales appuyées par quelques milices, faisant ainsi des milliers de victimes, des dégâts matériels, des déplacés, des viols des femmes, des recrutements des enfants soldats…avec toutes les conséquences sur le plan socio-économique,
Considérant que les motivations de cette guerre ne sont autres que les intérêts personnels et immédiats des protagonistes de la crise, qui sacrifient les vies humaines et les libertés fondamentales pour des fins personnelles, et qu’aucun motif concret et objectivement vérifiable n’a toujours été avancé par les rebelles et leurs parrains ruandais,
Considérant la nécessité et l’urgence,
Nous, « Jeunes congolais », réunis autour du Conseil des Jeunes congolais de l’Etranger, soutenus par l’Amnesty international, et accompagnés des associations congolaises et africaines, des ONG de défense de droits de l’homme, des Eglises et des hommes de plusieurs origines, en cette date du 29 novembre 2008, à Helvetiaplatz de la ville de Berne, manifestons publiquement notre solidarité et notre soutien aux victimes de la guerre en RDC.
Profitons aussi de l’occasion pour appeler :
- l’Etat congolais, en l’occurrence le gouvernement, d’assumer pleinement son rôle de restaurer la paix, d’assurer la sécurité des personnes et de leurs biens, la libre circulation des personnes à travers tous les moyens dont il dispose et d’éviter d’être passif face à une situation qu’on ne peut pas catastrophique,
- la rébellion et ses parrains ruandais de déposer les armes et de privilégier le moyen le dialogue sincère, base de la résolution de tout conflit, de même pour toutes les prétendues forces négatives et les milices armées se trouvant à l’est de notre pays, à savoir le rebelles ex-FAR, les Interramwe, les Hutus ruandais, les May May, et autres
- la MONUC, d’assurer pleinement et en toute équité son rôle de médiatrice et de protectrice de la population et de ses biens, en renforçant l’effectif de ses troupes,
- la Communauté internationale, à savoir la Suisse, la Belgique, les Etats Unies d’Amérique, la France, la Grande Bretagne….d’intervenir immédiatement par tous les moyens qu’elle dispose pour amener une solution durable à la guerre qui sévit notre pays, en privilégiant avant tout les droits humains et les libertés fondamentales tels que définis dans la déclaration universelle de droits de l’homme
- les organismes de défense de droits de l’homme, les Eglises, les organismes humanitaires et tout homme épris de paix et de justice sociale, de soutenir de quelle manière que ce soit tous les efforts allant dans le sens de mettre fin à cette guerre créant des dégâts graves de tout genre,
Et Considérant la gravité de la situation actuelle à l’est de notre pays, avec les répercussions sur le plan sécuritaire, socio-économique et politique dans tout l’ensemble du pays et afin d’éviter que la communauté internationale ne soit surprise par une énième faillite de l’humanité dans la RDC :
- demandons à la Communauté internationale de mettre en place des moyens financier, matériel, politique et militaire pour l’arrêt des violences en République démocratique du Congo,
- exigeons aux Nations Unies de considérer avec une grande attention le nombre des victimes causées par la guerre en RDC et créer ainsi un Tribunal pénal international pour juger les principaux acteurs latents et manifestes à la guerre en RDC,
- demandons aux Nations Unies la création d’une Commission internationale chargée d’enquêter réellement et effectivement sur le pillage des ressources minières à l’est de la RDC,
- exigeons le désarmement et le rapatriement des prétendues forces négatives existantes en RDC, et servant de prétexte de Ruanda pour attaquer notre pays,
- sollicitons à notre pays hôte, c’est-à-dire la Suisse, de considérer la RDC comme un pays à risque et prendre ainsi en considération la situation de la guerre actuelle pour le traitement des demandes d’asile et surtout la suspension de l’exécution des renvois des ressortissants congolais,
Fait à Argovie, le 29 novembre 2008
Pour le Comité du CJCE
Mr. Jimmy MPEZO
Mr. Alfred NGOYI
Mr. Donatien MUKONDO
Mr. Guy Yombo |